
Ce n’est pas un concert, le peuple ! Oh non, c’est loin d’être un concert !
C’est une performance, c’est un spectacle ! C’est une ode envers tout ce que l’imagination des années 70 et ses couleurs portent de mieux, de vivant. C’est Mika vivant à fond sur la scène. Mika sera tour à tour acteur, chanteur, pianiste, trompettiste. Mika parlera comme s’il sirotait un thé glacé avec une bande de copains sur une terrasse. Mika aura des sourires illuminés, des mots arabes trébuchants et des regards simples et attachants. Le public fera les frais de tant de spontanéité, d’originalité et de pur bonheur de vivre.
Le spectacle commence avec Mika et sa valise. Comme Félix et son sac à main, ça promet déjà des trésors qui n’en finissent pas. Et des trésors, il y’en a eu de toute sorte : des voix, de la neige, des personnages, des costumes, des décors… Tout pour lui permettre de donner le meilleur clip en direct, un morceau coloré cartoon de son imagination. Mika commence par son gros succès Relax. S’ensuivent ensuite…We Are Golden? Good Gone Girl? Love Today? On ne peut deviner la chanson suivante tellement les intros sont sophistiquées et imprévues. Les transitions sont un pur bonheur et d’une touchante poésie : quand Mika se met à jouer avec ses musiciens, c’est l’affection pour la bassiste qui s’impose dans les coeurs quand Mika la tue, après avoir descendu toute sa troupe… C’est le public qui hurle quand Mika se tire une balle dans la tête et baragouine en Arabe sa montée «ldar»… C’est les rôles que chacun joue quand Mika est perplexe, joueur, ou hâbleur. Félix le chat encore !
Il y en a eu qui furent touchés alors qu’ils n’étaient qu’entraînés de force par leurs enfants, ou attirés par l’ambiance des concerts. Il y’ en a qui se la jouaient snobs «ouais, je connais Mika mais c’est peuchère pour moi». Il y en a qui étaient shootés, australopithéqués et j’en passe. Mais tous ont fini par succomber à la voix et à la présence de Mika. Au fond, ceux qui ne comprenaient pas grand-chose aux paroles avaient entonné un mémorable «Mika ! Mika, hou, hou !», signe de reconnaissance marocaine quand on n’a pas le temps ou l’occasion ou même les mots pour exprimer son admiration.
Mika a été brillant, fascinant, impressionnant. Sa voix a porté, elle a dépassé sa prestation dans ses albums, elle a dépassé nos oreilles et s’est logée dans nos têtes, dans nos cœurs, dans le reste des cavités. Encore aujourd’hui, je ne peux m’empêcher d’avoir un sourire à la Jocker en pensant au spectacle. A chaque fois que je pense à Mika, c’est la même émotion que celle du samedi soir qui se manifeste. Je veux dire, impressionner et susciter l’enthousiasme du public, c’est une chose. Mais que ça dure après, le lendemain, les jours suivants?
Le public en a ressenti de toutes les couleurs. Les gens pleuraient de bonheur, comme du temps de MJ. J’ai lu qu’il y en avait qui se sont évanouis. Le public était si heureux, et ça faisait tellement plaisir de ressentir cela et de le constater. Mika était si énergétique. Il communiquait beaucoup de plaisir de vie et offrait son micro à la mêlée plusieurs fois sans démordre.
Dommage que le fond n’était pas très au parfum avec les paroles. Mais il n’empêche que Mika voulait bien faire la leçon pour Blame it on the Girls, Happy Ending et Big Girl. Les auditeurs n’avaient plus qu’à le suivre et répondre aux claps-claps rythmiques qu’il suscitait.
Quand il a entamé We are Golden, j’ai littéralement été encore plus électrocutée qu’auparavant. Une interprétation si forte qu’elle a ébranlé le monde avant de le laisser piqué au vif par la fin du concert.
Au final, cette merveilleuse prestation m’a fait basculer du côté coloré de la force. Félix m’a happé dans son sac. Si au début, j’appréciais ce morceau de couleur, aujourd’hui je suis complétement dedans.
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